Zonage en permaculture | Une logique énergétique et biologique

Zonage en permaculture
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Visite quotidienne au poulailler, coupe d’herbes aromatiques le matin, cueillette des framboises le soir, remplissage de seaux d’eau au récupérateur plusieurs fois par jour… Il vous semble que vous passez plus de temps à vous déplacer qu’à réellement entretenir vos petits milieux biologiques. Que vous viviez en ville ou à la campagne, la technique du zonage en permaculture vous invite à repenser vos espaces afin d’économiser de l’énergie lors de vos tâches journalières. Cette architecture idéalement concentrique étudie les attentes de vos biotopes. Elle propose la création de 5 zones de développement autour du cœur de votre activité : votre maison ou votre exploitation. Les strates ainsi définies bénéficient d’une fréquentation anthropique plus ou moins importante en accord avec leurs besoins, ni plus ni moins. L’élaboration d’un tel design relève d’une logique énergétique et biologique qui va révolutionner votre quotidien, vos espaces et augmenter le bien-être de vos occupants. Vous serez bientôt en mesure de créer des écosystèmes aussi bien que Dame Nature.

Créer des écosystèmes fonctionnels et harmonieux

À qui s’adresse la permaculture ?

La permaculture n’est pas réservée à ceux qui possèdent plusieurs hectares en pleine campagne. Elle doit être appréhendée comme un mode de vie plus respectueux du fonctionnement des écosystèmes naturels et recomposés.

À l’état sauvage, la nature s’organise de façon logique, économique et pérenne. Chaque chose a sa place. Les interactions et transferts d’énergie sont optimisés pour une évolution durable en accord avec les cycles saisonniers.

La permaculture ambitionne de reproduire cette harmonie originelle en se situant à la convergence de trois thématiques :

Planifier la conception d’un espace structuré à aménager s’impose. En tant qu’humain, vous ne possédez pas le talent inné de mère Nature pour générer instinctivement la perfection.

En quoi consiste la création de zones en permaculture ?

Le zonage en permaculture vise la simplicité et la fonctionnalité. Il propose des espaces efficaces et pérennes. Vous devez positionner au plus proche de vous les structures qui demandent beaucoup d’entretien ou de nombreuses visites.

Vous gagnerez du temps et économiserez de l’énergie en découpant votre terrain en zones numérotées de 0 à 5 selon leurs besoins. Ces strates ne sont pas isolées les unes des autres. Elles communiquent harmonieusement à leurs frontières.

En partant du point central représenté par votre maison, vous classez les entités biologiques que vous souhaitez voir prospérer sur votre terrain selon la fréquence des visites et des actions de soin, de récolte et d’entretien qu’elles nécessitent. Ainsi, vous ne marcherez plus de votre cuisine jusqu’au fond de votre parcelle pour aller chercher quelques feuilles de basilic pour vos lasagnes végétariennes du déjeuner. D’autant moins, si vous devez y retourner en fin d’après-midi, car vos enfants veulent manger impérativement une omelette à la ciboulette au dîner. Non, les plantes aromatiques seront gardées à portée de main. Tout comme, vous ne mettriez pas le poulailler dans votre salon et vos plantes vertes en lisière de forêt.

Zone 0 en permaculture
Votre habitation ou votre exploitation représente le cœur d’un zonage efficace en permaculture

Comment réaliser un zonage fonctionnel ?

La schématisation de vos espaces se réalise rapidement à partir d’une feuille de papier et d’un stylo.

Voici comment procéder :

  • représentez les pourtours de votre terrain sur la feuille. Vous pouvez occuper toute la page ;
  • dessinez un rond pour localiser votre habitation ou votre exploitation ;
  • tracez les principaux axes de circulation : voie d’accès vers la route, terrasse à l’arrière de la maison, chemin menant à un abri… ;
  • ajoutez-y les structures que vous ne pourrez pas déplacer facilement : grange, cabane, étang, arbres…

Lister sur une autre feuille les écosystèmes que vous souhaitez y intégrer :

  1. potager ;
  2. plantes vivaces ;
  3. bulbeuses ;
  4. arbres fruitiers ;
  5. ruches ;
  6. nichoirs ;
  7. point d’eau ;
  8. serre ;
  9. vermicompostage ;
  10. poulailler ;
  11. etc.

Vous pouvez maintenant commencer l’agencement de vos différents éléments afin d’obtenir un design cohérent selon les fonctions, les spécificités et les attentes de chacun. Placez tout simplement les chiffres sur la première feuille en prenant soin de considérer la surface disponible. Une serre nécessite plus d’espace qu’une cabane à oiseaux !

Bien entendu, l’harmonie du résultat final dépend de l’ensemble de vos aménagements. Les transitions s’opèrent naturellement et en douceur. Ne tracez pas des lignes droites ou des cercles concentriques parfaits. Le zonage en permaculture s’adapte à la topographie de votre terrain et aux espèces animales et végétales qui peupleront progressivement ces espaces.

Des échanges, des interactions, des relations de coopération ou de la prédation peuvent survenir. Intégrez ces contraintes à votre plan. Inutile d’installer un nichoir à quelques centimètres du muret qu’affectionne votre chat pour somnoler…

Zone 0 : la maison ou l’exploitation au cœur du zonage en permaculture

Tout commence par un rond représentant votre maison ou votre exploitation. C’est la zone 0 : le cœur de votre écosystème et votre base de lancement.

Cet espace peut bénéficier de plus ou moins de lumière, ce qui conditionnera les espèces qui y éliront domicile. Vous pouvez y placer des plantes d’intérieur et d’extérieur et vos animaux domestiques.

À la campagne, la grange pourra pendant la moitié de l’année faire office de zone 0. Le reste du temps, elle est à considérer comme un lieu de stockage et de rangement bien pratique que l’on retrouve en secteur 3.

Zone 1 : les espaces à visiter plusieurs fois par jour comme un jardin merveilleux

Ce premier secteur commence sur le pas de votre porte d’entrée ou à l’arrière de votre maison.

La zone 1 contient des écosystèmes qui nécessitent une observation pluriquotidienne, une attention soutenue et des interventions fréquentes. Vos allées et venues sont multiples et attendues.

Vous pouvez y installer :

  • des herbes aromatiques et médicinales ;
  • des légumes annuels ;
  • des plantes témoins qui vous alertent sur la maturation de plantations similaires situées plus loin sur votre terrain, en zone 2 voire 3 ;
  • des animaux domestiques et une niche ;
  • une serre ;
  • un espace de compostage biologique ;
  • un plan d’eau, un puits ou un récupérateur d’eau ;
  • etc.

Cette zone correspond au jardin tel que nous le concevons : vivant, dynamique, en mouvement et convivial. Vos enfants y jouent sans doute souvent et partent à la découverte des merveilles de la nature. C’est le lieu idéal pour les sensibiliser au jardinage, mais aussi pour passer du bon temps en famille. N’oubliez pas le salon de jardin qui constituera un magnifique poste d’observation.

Serre en zone 1
Installer une serre en zone 1 vous offrira une transition douce entre votre habitation et l’extérieur

Zone 2 : la strate à observer quotidiennement pour gagner en autonomie alimentaire

Cette zone jouxte la première et demande une visite quotidienne.

Les éléments qui s’y trouvent requièrent moins d’attention, tout comme vous avez également moins souvent besoin d’eux pour votre organisation.

Vous installerez dans cet espace :

  • de plus grands légumes ;
  • de grands arbustes ;
  • des arbres fruitiers ;
  • des plantes annuelles et des vivaces ;
  • des fleurs sauvages ;
  • des animaux plus autonomes et en liberté comme ceux du poulailler ;
  • des ruches ;
  • etc.

N’oubliez pas d’intégrer à cette zone les axes de circulation que vous empruntez quotidiennement, ou de façon plus rare pour aller vers un lac ou à une grange. Le zonage en permaculture considère chaque élément de votre environnement. N’en négligez aucun !

En milieu urbain, vous disposerez probablement uniquement de ces trois zones pour composer votre design de permaculture. N’enviez pas ceux qui possèdent plusieurs hectares, car la vie se développe très bien à petite échelle du moment que ses besoins sont pris en compte.

Vous arriverez sans peine à créer un écosystème alimentaire durable et résilient sur quelques ares bien conçus. Si vous visez l’autonomie sur certaines denrées, cela sera envisageable.

Bon jardinage aux citadins. La structuration se poursuit en territoire rural.

Zone 3 : les surfaces à entretenir de façon hebdomadaire pour amorcer une transition

La nature reprend peu à peu ses droits dans la zone 3.

Le niveau d’autonomie des espaces augmente tandis que les besoins d’attention diminuent. Vous visitez ce secteur une fois par semaine ou de façon mensuelle. Ce secteur ne nécessite pas d’être confié au soin d’une tierce personne si vous partez un mois en vacances, car il se régule seul.

Cette partie idéalement boisée est souvent bien plus étendue que les premières. Vous y placerez :

  • de grands arbres y compris les brise-vents ;
  • un espace dédié à la myciculture ;
  • un verger ;
  • des haies et des talus ;
  • des surfaces de cueillette ;
  • une prairie fourragère ;
  • une grange ;
  • de plus grands bassins ;
  • un barrage ;
  • etc.

En aménagement paysager, cette zone correspond à une bande de transition essentielle. La supprimer contribuerait à la segmentation d’écosystèmes riches qui accueillent des espèces dont vous ne soupçonnez parfois pas la présence.

Restez vigilant, car la nature reprenant ses droits, des invités indésirables peuvent décider de s’y installer. Protégez les zones précédentes avec une clôture en cas de doute.

La grange zone 3 en permaculture
Seul l’espace rural vous offrira l’opportunité d’étendre votre zonage au delà de la zone 2

Zone 4 : la frontière entre vie domestique et nature indomptée comme lieu d’observation

Le zonage en permaculture réserve la strate 4 au monde agricole. Si vous ne possédez pas d’exploitation, il y a fort à parier que votre aménagement s’achèvera avec la zone 3.

La strate 4 nécessite des visites mensuelles, parfois annuelles dans certains cas. Vous interviendrez très rarement pour son entretien.

Elle est dédiée au pâturage du bétail qui s’y nourrit de façon autonome (bovins, ovins, caprins). Vous y effectuerez peut-être aussi le ramassage de bois pour votre chauffage.

Des baies ou des plantes sauvages comestibles peuvent s’y développer pour votre plus grand plaisir et celui de vos enfants qui vous accompagneront occasionnellement dans vos visites. Ne cueillez que les végétaux que vous savez identifier avec certitude !

Un point d’eau favorisera la biodiversité de ce secteur de permaculture.

Zone 5 : le retour de la vie à l’état sauvage pour se ressourcer en famille

Le dernier espace du zonage en permaculture ne vous appartient plus. Vous ne devez pas y intervenir à proprement parler, sauf pour vous promener et y observer la nature. C’est le secteur sauvage.

Cet espace représente une leçon de vie puisque la nature vous montre comment fonctionnent les écosystèmes laissés libres de leurs échanges et de leurs partages d’énergie et de matière.

Vous n’avez jamais besoin d’y aller, car personne ne vous y attend. Toutefois, dans une optique de bien-être, vous y rendre seul ou en famille le plus fréquemment possible vous sera bénéfique.

Que pourrez-vous observer dans la zone 5 ?

  • un bois ou une forêt ainsi que ses habitants ;
  • des espèces sauvages à ne pas déranger : vous entrez dans leur zone 0 ;
  • du bétail de façon temporaire pour un débroussaillage d’entretien naturel au niveau d’une lisière par exemple ;
  • des animaux qui viennent s’alimenter selon les ressources disponibles ;
  • un lac ou un étang qui augmentera encore la diversité des formes de vie présentes.

Le zonage en permaculture s’applique aussi bien aux très petites surfaces tel qu’un jardin sur une terrasse ou un potager en toiture, qu’aux grandes exploitations agricoles qui couvrent plusieurs hectares. Ces dernières doivent être fonctionnelles pour optimiser les échanges d’énergie et la rentabilité du site.

La permaculture s’invite dès qu’il y a de la vie. Elle aide l’homme à retrouver une logique énergétique et biologique perdue au fil des siècles pour créer des écosystèmes. L’observation de la nature et les conclusions que vous en tirerez seront vos meilleurs guides pour concevoir un zonage efficace et pérenne. Modifier légèrement l’agencement de certains espaces d’une année à l’autre pourra améliorer le fonctionnement de l’ensemble de votre écosystème, mais veillez à ne pas déranger la nature trop souvent. Elle a parfois besoin de temps pour s’enraciner et trouver son propre équilibre.

Avez-vous installé vos espaces verts afin de respecter un design harmonieux, pratique et convivial ? Partagez vos expériences et vos conseils en commentaires.

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